Piment, gingembre et chocolat !

Archéologie de l’écriture : la première micronouvelle que j’ai écrite !

Gateau au chocolat très coulantDes années pour mettre au point un dessert aphrodisiaque ! Je m’étais fixé une contrainte : pas de bois bandé. Pour deux raisons : son gout amer abject et surtout, sa réputation incertaine sur la libido féminine.
Concevoir un gâteau au chocolat avec du piment et du gingembre, une mission simple mais délicate, dans la mesure où il devait remplir sa mission secrète tout en restant bon. Ça m’a pris du temps, car il fallait tester les propriétés. Le plus long, ce n’était pas la confection de l’appareil, ni sa cuisson. Non, il me fallait des mois, des années de recherche afin d’attirer chez moi une femme susceptible de le gouter.
Du coup, j’ai mis dix ans à parfaire la recette.
Ma première conquête est partie en courant, la bouche en feu. Trop de piment.
Trois ans plus tard, la deuxième est partie en coulant : chargé en chocolat et sorti trop tôt du four.
Le troisième essai fut le bon. Je n’avais pas lésiné sur les ingrédients, faut dire. Mon invitée avait à peine avalé une bouchée que son œil s’illumina d’une lueur fauve.
— Mmmh ! Un amateur de sortilège culinaire.
J’avais chaud tout à coup sous son regard, ça bastonne le gingembre et le piment quand même.
— Oui, j’aime la pâtisserie, dis-je, d’une petite voix.
— Reprenez-en encore, de votre bon gâteau.
— Vraiment ?
— Oui, vraiment, dit-elle d’une voix suave.
J’avalai un morceau, manquai de m’étrangler, sentit le feu des épices m’enflammer. Quand elle s’approcha de moi pour m’embrasser, je compris que j’étais… cuit.

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