Un homme amoureux

Aujourd’hui, un extrait de mon prochain projet, nom de code « L’Inconditionnel soutien des morts ». Les vivants sont parfois plus morts à leurs désirs qu’ils ne le croient.

Ce soir, il était rentré tôt chez lui, et son appartement lui avait paru encore plus triste et désolé qu’à l’ordinaire. Il n’avait plus d’excuses pour appeler Emma. Il espérait en vain qu’elle en prendrait elle-même l’initiative.

Frédéric était arrivé à un stade d’adoration où il n’attendait plus rien de la jeune femme sinon partager un moment avec elle. Il sortit son téléphone de sa poche, soupira et le posa à côté de lui, sur la place vide du canapé. Il n’avait aucune bonne raison de la contacter.

Pourtant, il en crevait d’envie. Il pensait sans cesse à elle, avec un mélange de douceur et un creux dans l’estomac qui auraient dû l’alerter. Cela s’était fait petit à petit, sans qu’il y prenne garde. En peu de temps malgré tout et très peu d’occasions.

Frédéric sourit à demi. Il appréciait tellement sa compagnie, sans trop savoir pourquoi. Il se leva, partit dans la salle de bain et se regarda dans la glace un moment d’un œil méfiant. Il détestait son reflet, celui d’un homme déçu, aigri, le cœur enseveli depuis longtemps sous les regrets et la jalousie.

Il ne s’aimait pas, mais il l’aimait elle, sans pouvoir mettre de mots ou de raisons. Il ne s’expliquait rien, et ça, plus que tout, l’effrayait.

Il aurait pu, là, tout plaquer si elle le lui avait demandé, sans question, avec pour seule certitude d’avoir enfin posé un acte juste dans sa vie.

Voilà ce qu’elle était pour lui, la gardienne d’une vérité perdue, enfouie. Peut-être avaient-ils habité autrefois le même pays imaginaire, s’étaient rencontrés et aimés, en avaient conservé un souvenir, un écho lointain.

Frédéric fit couler de l’eau froide, s’en aspergea le visage. S’il continuait à s’imaginer des choses pareilles, il allait perdre pied.

Alors il éteignit la lumière de la salle de bain et partit se coucher. Il n’était pas seul ce soir puisqu’il pensait à elle. Et lorsque le sommeil voulut enfin de lui, elle avait envahi tous ses rêves.

Sur le fil du rasoir et de l’amitié

Sur le fil, Pulp, ink.
Pulp, ink. Couverture Bouffanges

Si je regarde en arrière, à seulement trois ans à dire, moi qui vous parle aujourd’hui, je n’existais pas. Le manuscrit de Paris in utero reposait dans un tiroir, j’ignorais tout de l’édition et de l’autoédition. Et puis je suis née, le jour où j’ai mis en ligne mon roman sur Amazon, avec cette toute nouvelle identité d’autrice « Selma », ce masque sincère sous lequel je délivre au gré des écrits, mes émotions et réflexions les plus secrètes.

Une nouvelle famille

Pour donner vie à cet avatar, j’ai créé des comptes Facebook, Twitter, ce blog et une autre aventure a commencé : rencontrer virtuellement et parfois en vrai, mes semblables, tous ces fous qui font vivre leurs idées en les publiant en tant qu’auteurs indés. Et là, petit à petit, se sont agrégés, comme une famille un peu allumée, un soupçon dérangée, ceux qui avaient envie d’allier le fond et la forme, d’écrire le mieux possible, avec ambition, et sans concessions.

Cette famille choisie et recomposée, qui mêle amateurs de littérature blanche et de genre, est devenue le collectif Pulp Ink ou huit de ses membres, comme autant de tentacules, vous livrent chacun dans ce numéro, une nouvelle sombre comme l’encre.

Des nouvelles pour tous les gouts

Par ordre d’apparition dans « Sur le fil » : Nicolas Chevolleau, Florian Collonge, Bouffanges, Fémi Peters, Jeanne Sélène, Jean-Christophe Heckers, Iléana Métivier et moi-même. Je ne saurais trop dire le plaisir de partager l’affiche avec eux, tant j’admire leur style et aussi parce que c’est inespéré de faire partie d’une bande de copains pareils.

Chacune des nouvelles est une porte d’entrée vers leurs univers, il vous suffira, si comme moi vous les aimez, d’aller à la fin du numéro pour retrouver l’adresse de leurs sites et les références de leurs œuvres.

Alors si vous souhaitez découvrir ma bande, vous pouvez télécharger l’ebook gratuitement sur toutes les plateformes. Pour les amoureux du papier, le recueil est disponible sur amazon.fr pour la somme dérisoire de 3,48 €.

Sur le fil avec Amazon.fr

Enfin, Paris in utero est disponible en version papier !

Paris in utero
Paris in utero

Il m’aura fallu du temps, bien du temps, pour affronter la terrible réalité : une partie d’entre vous reste attachée à l’objet livre dans sa version la plus ordinaire. Foin d’encre numérique, de liseuse ou d’ignoble smartphone qui flingue les yeux : vous voulez de l’encre sur du papier et une couverture illustrée à exhiber dans les transports publics. Et bien soit ! Vous l’avez ou du moins vous pouvez l’avoir en commandant le livre sur Amazon.

C’est pour moi aussi un aboutissement, même si je suis devenue une grande fan de ma liseuse, l’amie de mes insomnies avec son écran qui permet de lire dans le noir. Il n’y a pas à dire, tenir le livre dans ses mains, avec sa nouvelle couverture qui déchire, me fait un petit quelque chose : une étape de plus dans mon parcours d’autrice indépendante.

Au passage, je suis bluffée par la qualité de l’objet : l’illustration de couverture sort bien, la qualité d’impression à l’intérieur est bonne et je me réjouis d’avoir choisi le papier crème, tellement plus chic !

Alors voilà, si vous êtes de la vieille école et souhaitez acheter un exemplaire papier de Paris in utero, c’est ici : Oh oui, il est trop beau, je le veux !

Et si vous êtes technophile, pour la version numérique : Il est trop beau aussi, et en plus je sauve un arbre, ou presque !

Et pour ceux qui tomberaient sur cet article un peu par hasard, cliquez ici pour retrouver le résumé 

 

Comment résumer un livre en une image : le drame de la couverture !

Le grand match !

La couverture, le nerf de la guerre parait-il pour vendre un livre sur Internet et en librairie. Oui, mais, comment résumer un roman en une image ? L’auteur n’est pas forcément le mieux placé pour ça. C’est bête, un auteur (une autrice aussi d’ailleurs), ça voudrait tout mettre, faire passer la substantifique moelle de son bouquin. Comme c’est impossible, arrive l’heure des choix. Et pour Paris in utero, cette heure vient de sonner avec trois couvertures aussi belles les unes que les autres et pourtant très différentes. Et comme les romanciers ne sont pas forcément les meilleurs juges, j’ai demandé à mes amis Facebook et Twitter de m’aider.

Le grand match des couvertures

La grande perdante !

Paris in utero Kyoto apocalypseLargement distancée, elle a ses fans. Pourtant, trop japonisante, avec un côté mélancolique et recueilli, elle n’indique pas grand-chose du contenu réel du roman et d’ailleurs, aucun des lecteurs de Paris in utero ne l’a choisie. Il faudrait que j’écrive une romance post-apocalyptique intitulée Kyoto in utero pour l’utiliser. Je garde l’idée au cas où, sait-on jamais !

 

Et après le duo de choc, si difficile à départager !

Paris in utero villeLa couverture bleu et jaune récolte 25 votes, dont six lecteurs de Paris in utero qui trouvent qu’elle illustre bien l’histoire. Le souci, c’est qu’elle évoque elle aussi un côté post-apocalyptique à plusieurs de ses fans. Là, ça m’en bouche un coin, car vraiment, je n’avais pas du tout perçu cet aspect. On appelle ça la polysémie de l’image : un visuel ne symbolise pas la même chose pour différentes personnes. D’où l’intérêt de faire réagir un maximum de gens avant de prendre une décision.

La couverture rose, si rose, trop rose ?

Paris in uteroElle reçoit 25 votes dans la mesure où j’ai bien le droit de m’exprimer aussi ! Elle correspond à l’histoire pour huit lecteurs, un léger avantage, pas vraiment représentatif. Certains la trouvent trop rose… Là où elle fait la différence, c’est dans l’engagement : ceux qui l’aiment la surkiffent ! Avec enthousiasme et passion : « j’aime, j’aime, j’aime », « aimantée », « j’adore » ou « elle est trop stylée ». Et ça, j’ai l’impression que c’est exactement ce que l’on recherche au moment d’illustrer son livre. Du coup, sauf coup de théâtre, elle est la grande gagnante !

Et à tous ceux qui m’ont dit : la silhouette de la une avec les couleurs de la deux et le décor de la trois, en changeant les contrastes, soyez sympas, ne vous approchez jamais d’un graphiste, vous allez le rendre dingue !

Une chambre numérique à soi : enfin un blog !

J’avais envie depuis longtemps de réunir publications, micronouvelles, avis de lectures et news sur l’évolution de mes projets sur un blog.
Un lieu à moi, personnel, où s’échafaude et se consolide petit à petit mon univers littéraire mêlant fantastique, contemporain, humour et érotisme.

Un nouveau blog, et des tonnes de bonnes résolutions

Comme bien d’autres auteurs, je me suis donc résolue à créer un blog. Publier avec régularité et pertinence sera le grand défi de cette année 2018 !

Enfin un blog !
Enfin un blog !
Et toujours sur les réseaux sociaux

Pour ceux qui ont l’habitude de me suivre sur  ma page Facebook ou Twitter (@selmabodwinger), je continuerai à alimenter ces plateformes avec des liens pointant ici.

Désormais, les géants du  numérique ne me laisseront pas (totalement) démunie si jamais ils mettent la clé sous la porte ou limitent la visibilité des utilisateurs qui ne paient pas pour leurs services de mise en avant !

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